La mini-horizontale de Pauillac se composait de Pibran (autre château détenu par AXA-Millésimes), Les Tourelles de Longueville (2ème vin du château de Pichon Longueville Baron) et Pichon Longueville Baron lui-même, l'ensemble portant sur le millésime 2008.

C'est cette dernière bouteille qui sert de pivot, et après une rotation de 90°, nous sommes partis sur 2004, 2003, 2002, 2001, 2000 et 1996. Sur le papier, nous avons été gâtés … et dans les verres aussi ! Jugez-en par les commentaires qui suivent. Au delà de la qualité, ce qui m'a frappé est la personnalité de chaque millésime. C'est la force de ces grands domaines qui cherchent à s'adapter aux conditions du millésime, mais surtout pas à standardiser leurs vins.




Les bouteilles avaient été toutes ouvertes avant la dégustation et ont été servies directement dans les verres, sauf le 1996 qui a été carafé environ une heure. Nous manquons encore cruellement de carafes dans notre club parisien, mais nos jeunes GO apportent des petits plus à chaque nouvelle dégustation !


Pibran 2008

50 % cabernet sauvignon, 50 % merlot.

La robe est très dense, presque noire, et bien jeune.
Le nez se montre chaleureux, sur les fruits noirs compotés, puis apparaissent des touches florales et vanillées.
La bouche est assez fluide, sur la fraicheur, avec des tanins présents mais pas astringents, qui lui confèrent une certaine fermeté.
Un vin encore jeune, au contraste marqué entre la chaleur du nez et la fraicheur de la bouche.
14,5 / 20

Tourelles de Longueville 2008

50 % merlot, 35 % cabernet sauvignon, 15 % cabernet franc.
Elevage 50 % en barriques de bois neuf, 50 % en barriques d'un vin.

La robe est moins sombre que celle du Pibran, mais tout aussi jeune.
Le nez intense dévoile tour à tour des arômes vanillés et des fruits noirs (cassis).
La bouche est riche et enrobante, avec une texture au grain fin, et montre une longueur intéressante avec une finale aux tanins veloutés.

Un très bon Pauillac qui se goûte déjà bien ! 16 / 20




Pour tous les Pichon Longueville Baron, l'assemblage est voisin de 70 % cabernet sauvignon et 30 % merlot, avec des variations de quelques % selon le millésime.
De même, l'élevage est de 80 % en barriques de bois neuf et 20 % en barriques d'un vin, avec quelques variations sur la durée, autour de 20 mois.

La robe est très sombre, presque noire, et marque de beaux reflets violacés sur le disque.
Quel beau nez ! Très ouvert, sur le cassis et la prune, avec un boisé décelable, comme chez ses petits frères dégustés précédemment, mais peut-être plus noble.
La bouche est très élégante, harmonieuse, pas d'une charpente formidable, mais on sent la matière. C'est surtout la finale qui fait la différence, fraiche et épicée, avec une très belle persistance.
Bien trop jeune, mais on ressent l'aristocratie d'un grand Pauillac. 17,5 / 20 pour son potentiel.



Pichon Longueville Baron 2004

La robe est sombre et ne présente plus de trace de jeunesse.
Le nez n'est pas très expressif mais dévoile une belle finesse. On a perdu les arômes fruités de jeunesse mais les arômes primaires des cépages et secondaires de l’élevage donnent une gamme plus classique : tabac et arômes balsamiques (cèdre).
La bouche est sur la finesse, mais la matière est là, et se révèle ronde et fraiche. La minéralité ressort dans une belle finale peu tannique et allonge la bouche.
Un bon vin, qui commence à s'apprécier. 16,5 / 20

Pichon Longueville Baron 2003

La robe est grenat sombre, avec quelques marques d'évolution.
Le nez est presque explosif, très confit (on est sur 2003 !), avec de la mûre, de la prune et du pruneau. L'attaque est (trop ?) molle (on est sur 2003 !), le milieu de bouche très chaleureux, presque chaud et heureusement qu'un peu de fraicheur en finale redonne un peu de légèreté et de digestibilité à ce vin.
Un Pauillac en dehors des canons classiques (on est en 2003 !). 16 / 20

Pichon Longueville Baron 2002

La robe est sombre, sans évolution, contrairement au nez, certes peu ouvert, mais très représentatif de celui d'un Pauillac qui arrive à son apogée : tabac, sous-bois, cèdre …
La bouche est gourmande et précise, sur les mêmes arômes, avec une belle finale fraiche aux tanins savoureux.
Une bouteille prête à boire. 16,5 / 20

Pichon Longueville Baron 2001

La robe est grenat assez sombre, avec des marques très nettes d'évolution (le disque tire sur l’acajou).
C'est un nez comme je les aime, c'est à dire complexe : mentholé (arôme dominant), grillé, avec des fruits compotés et des épices …
La bouche est très équilibrée, à la chair sapide et savoureuse, homogène sur toute la longueur, avec une finale agréablement saline.
Une fois de plus un vin de 2001 se montre à la hauteur du 2000, dans un style très différent, en tout cas en ce moment. En effet le 2001 a un an de moins mais a surtout évolué beaucoup plus vite et le 2000 devrait s'en rapprocher, mais dans 10 ans …
Un grand vin, noté récemment par la RVF juste derrière Latour et devant Mouton Rothschild ! 18 / 20




Pichon Longueville Baron 2000

Le corps de la robe est très voisin de celui du 2001, mais le disque n'a pas de trace d'évolution.
Le nez est riche et très jeune, sur le fruit, avec du bois précieux et des notes cacaotées et de moka.
L'attaque est très ronde, avec une belle chair, puis l'acidité apparaît très vite en milieu de bouche (!?) et s'estompe pour laisser la place à une très belle finale aux tanins fondus et patinés.
Un grand vin à attendre pour gagner en complexité. 17,5 / 20

Pichon Longueville Baron 1996

Comme prévu, le must de la soirée.

La robe est belle, moins sombre et dense que celle de tous les autres millésimes, évoluée sur le grenat et presque acajou.
Le nez est d'une complexité folle : bois précieux, sous-bois, grillé, fruits secs, rose fanée, un festival !
La bouche est savoureuse, fondue et satinée, très élégante et féminine (et pourtant nous ne sommes pas chez la Comtesse!).
La persistance de la finale nous permet d'apprécier plus longtemps ce vin de classe. 18,5 / 20.

Encore un grand merci à Jean-René Matignon et à Pichon Longueville Baron !

Jean-Loup