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Jean-Hervé Chiquet est propriétaire d’une grande Maison mais c’est surtout un grand Monsieur, un vrai visionnaire tout en gardant un contact facile et naturel, qui a fait des choix de qualité (travail à la vigne impressionnant) et de transparence (contre-étiquette donnant toutes les informations importantes).

Cuvée 734

L’assemblage comprend 54 % de chardonnay et le vin de base (70 %) est du 2006.

La robe est de couleur paille, avec des bulles qui semblent d’une belle finesse mais que je ne jugerai pas de façon sûre en raison des verres classiques qui ne facilitent pas ce jugement.

Le nez est assez ouvert et frais ; il prodigue des arômes de fleurs blanches, d’agrumes, de pomme verte, et quelques notes briochées et miellées.

La bouche est très vive, marquée par une acidité notable mais pas dérangeante ; les agrumes et la pomme verte reviennent, sur une longueur honnête et une finale légèrement amère.

Un bon Champagne d’apéritif : 15 / 20.

Cuvée 735

L’assemblage comprend 50 % de chardonnay et le vin de base est du 2007.

La robe est de couleur paille.

Le nez s’ouvre sur une palette plus fruitée, principalement des fruits blancs, complétée par des notes beurrées.

La bouche tranche avec le nez, montrant une belle fraîcheur, sans acidité marquée, mais également du volume et de la concentration.

Un bon Champagne d’apéritif ou pour accompagner un poisson : 16 / 20.

Cuvée 736

La cuvée comprend 53 % de chardonnay, 29 % de pinot noir, 18 % de pinot meunier, et le vin de base est du 2008 (66 %), qui est un millésime très réussi par la Maison. Le dosage, toujours très faible chez Jacquesson, est encore réduit dans ce cas : 1,5 g/l !

La robe est de couleur paille.

Le nez dévoile une belle intensité et une grande finesse. Le premier nez est grillé et sur la noisette puis ce sont des arômes de fruits confits (abricot, melon) qui apparaissent.

L’attaque est ronde et volumineuse, vite surpassée par une grande minéralité et une superbe tension qui procurent à la bouche une longueur phénoménale.

Un excellent Champagne de gastronomie : 17 / 20.

Millésimé 2002

La robe reste invariablement de couleur paille.

Le nez, intense et très fin, s’équilibre entre floral, fruité (beaux agrumes), grillé et brioché.

C’est la minéralité et la fraîcheur qui frappent en bouche, le toucher de bulle est très fin et persistant : on est proche des sensations de la Cuvée 736, avec moins de puissance mais un potentiel très important.

Un très bon Champagne (16,5 / 20) qui va gagner en complexité dans les 5 à 10 ans.

Millésimé 1997

Pour une fois la robe tire vers le doré. L’élevage légèrement oxydatif et le temps ont fait leur œuvre, d’autant plus rapidement que le millésime n’est pas parmi les plus grands.

Le nez très intense est dominé par les arômes tertiaires : fruits secs (noisette et même un peu de noix), raisins secs, sous-bois, truffe, le tout sur un fond où le fruit n’est pas absent.

La bouche est puissante et complexe, sur la même gamme aromatique, le côté tertiaire (raisins secs, noix) étant agrémenté de notes réglissées sur la longue finale.

Un superbe Champagne pour qui les apprécie vieux. Il me paraît à point : 17,5 / 20.

Cette Maison innovante nous a enfin fait déguster des Cuvées millésimées de terroir spécifique.

Cuvée « Caurne Bautray » à Dizy, 2002

Aucun dosage !

La robe est de couleur paille.

Le nez est intense et finement noisetté et brioché, avec un festival de fleurs blanches et de fruits blancs.

L’équilibre en bouche est remarquable entre corpulence et finesse mais c’est celle-ci qui l’emporte finalement. La finale élancée, toute en fraîcheur, nous ravit.

Un très beau Champagne élégant : 17 / 20.

Cuvée « Champ Caïn » à Avize, 2002

Dosage : 2 g/l.

La robe est presque dorée, en tout cas plus profonde que celle du Caurne Bautray.

Le nez est très intense, avec des arômes de fruits secs (noisette), de grillé, de fruits blancs et quelques touches de pâtisserie sans que cela alourdisse l’ensemble, qui montre une belle finesse.

La bouche est racée, séveuse, non dénuée de complexité grâce à suffisamment d’acidité, mais d’un volume et d’une matière tellement énormes que je n’ai rien noté d’autre …

Nous avons affaire-là à un grand Champagne, trop jeune certainement, à attendre pour qu’il s’agisse et se complexifie : 17 / 20 mais maintenant mais 18 / 20 pour son potentiel.

Cuvée « Terres rouges » à Dizy, 2007

Il s’agit d’un rosé de saignée issu de 100 % de pinot noir et doté d’un dosage de 3,5 g/l.

La robe est d’un rouge framboise clair plus que rosée.

Le nez est ouvert sans exubérance, sur un fruité magnifique (petits fruits rouges) avec quelques notes poivrées du plus bel effet.

La bouche est incroyablement corsée et vineuse, tout en restant sur le fruit (cerise, framboise), dotée d’une fraîcheur et d’une allonge très intéressantes. Une touche sucrée semble ressortir en finale, mais c’est la maturité du raisin qui s’exprime et non le dosage.

C’est un très bon vin de pinot noir, vinifié comme un Champagne ! 16,5 / 20.

Encore un grand merci à Jean-Hervé Chiquet, qui nous a fait passer une excellente soirée, tant pour l’expression de sa vision du Champagne que pour nos papilles.