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Pour ma part, c’est sur la classification des maisons entre celles qui ont un style « réducteur » et celles qui privilégient le côté « oxydatif » que j’ai le plus appris et je dois avouer que c’est peut être encore plus marqué que les caractères propres aux cépages !

Je ne ferai pas de commentaires sur les bulles, les beaux verres à dégustation ayant permis de favoriser les expressions olfactives mais pas d’admirer la finesse de celles-ci !

R de Ruinart

40 % C, 57 % PN, 3 %PM. 9 g/l.

Robe paille.

Nez ouvert, frais, sur l’acacia, la poire, la brioche, quelques notes d’agrumes et de noisettes.

La bouche est marquée par la fraîcheur, avec une attaque crémeuse, un cœur de bouche assez structuré et une finale toute en douceur.

Bon Champagne classique : 15 / 20.

R de Ruinart 2004 en magnum

55 % C, 45 % PN. 6,5 g/l.

Robe paille.

Nez très intense, brioché, grillé, fruits secs, arômes de réduction qui s’atténuent à l’aération, pour faire place à une belle minéralité.

Bouche très ronde, à la bulle peu présente, d’un bel équilibre et d’une persistance appréciable.

16 / 20.

Ruinart Blanc de blancs

9 g/l.

Robe paille.

Nez intense, d’une grande finesse, sur les agrumes, les fleurs blanches, puis apparaissent la brioche et la pèche.

Bouche toute en fraîcheur (citron) et en finesse, dotée d’une belle minéralité et d’une grande droiture. Une pointe de douceur apparaît seulement sur la finale.

Un Champagne d’esthète : 16,5 / 20.

Dom Ruinart 2002

C’est un blanc de blancs qui n’en a pas le nom avec 72 % de chardonnay provenant de la Côte des blancs et 28 % de la Montagne de Reims. 6,5 g/l.

Robe paille.

Nez riche et complexe, avec de la brioche, des fleurs blanches, de la craie et de la minéralité. On ressent aussi quelques notes miellées et presque épicées.

Ample et ronde, la bouche est dotée d’une belle matière sans être vineuse, avec une superbe finale aux beaux amers.

On approche du grand vin : 17,5 / 20.

Dom Ruinart 1996

64 % de chardonnay provenant de la Côte des blancs et 36 % de la Montagne de Reims.

Robe paille, plus soutenue.

Nez pas très intense mais d’une folle complexité, et surtout d’une très grande finesse. Basé sur les fleurs blanches et la minéralité, de très beaux épices envahissent le verre : on est dans un souk du Moyen-Orient !

Bouche d’une grande richesse, d’un très beau volume, avec en même temps une magnifique minéralité qui allonge la finale (la bouche la plus longue de la soirée).

Le voilà le grand vin : 18 / 20 !

Dom Ruinart 1988

50 % de chardonnay provenant de la Côte des blancs et 50 % de la Montagne de Reims.

Robe d’un or marqué.

Nez puissant, sur des arômes de pâtisserie, de fruits confits et exotiques, manquant un peu de finesse. A l’aération, l’évolution est étonnante sur le café et le caramel !

Bouche aux bulles évanescentes, très structurée mais manquant d’acidité et de minéralité, sur des arômes tertiaires de sous-bois et de champignons.

Pas mon style préféré (16 / 20) mais le meilleur de la série pour quelques dégustateurs.

Ruinart rosé

55 %PN, 45 %C + 18 % de vin rouge à base de PN.

Belle robe œil de perdrix.

Nez ouvert avec des notes musquées dominantes qui s’atténuent à l’aération pour faire place au poivre sur un fond de framboise et de cerise.

La bouche est toute en fraîcheur et en délicatesse, sur un fruit franc, simple et acidulé. 15 / 20.

Au final, une bien belle dégustation, très complète, avec en prime deux millésimes d’exception et un plus avancé : c’était également très didactique ! Vous aurez compris que Ruinart un style réducteur, sans que ce terme soit le moins du monde péjoratif, bien au contraire !

Merci à Amélie et à la maison Ruinart !